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Nouvelle série d’articles… sur les Séries…

Première série à passer à la moulinette : Les Mystères de l’Ouest.

Cette série met en scène deux agents secrets des Etats-Unis qui luttent contre les mille et un ennemis de l’Union, peu après la Guerre de Sécession.

Des héros, des chevaux, des gadgets, un train.







A la fin du XIXème siècle , James West et Artemus Gordon, agents spéciaux du gouvernement fédéral, enquêtent, sur ordre du Président Grant, dans tout l’Ouest des Etats-Unis. Force physique et détermination (James West), déguisement et technologie (Artemus Gordon) sont leurs principaux atouts. Se déplaçant à cheval ou à bord d’un train spécial, leurs costumes, leurs bottes et leurs boucles de ceintures sont bardés de gadget en tout genre. Ils affrontent des dangers peu communs (machines infernales, monstres marins, maisons hantées…) et des adversaires baroques et redoutables, parmi lesquels le terrible Dr. Miguelito Loveless, nain génial et fou, en guerre contre le monde entier.


Un classique mal compris.


Les mystères de l’Ouest sont très certainement la série la plus incomprise de l’histoire de la télévision. Très souvent assimilée à une récupération, pas la production américaine, du « syndrome 007 », la série Les Mystères de l’Ouest n’est pas un simple « James Bond dans l’Ouest », comme on a pu le croire. En réalité, il s’agit de la première série « gay » jamais diffusée sur un écran cathodique !


Une imagerie à double sens







Tout, dans l'imagerie de la série, renvoie à la symbolique (souvent auto parodique) de l'homosexualité, à commencer par le héros lui-même. Macho, James West est toujours vêtu de costumes extrêmement moulants ou de pantalons de cuir. Il est à peu près insensible aux femmes (on le voit d'ailleurs en boxer une au générique), que la série dépeint tantôt comme des ingénues, tantôt comme des traîtresses un fouet à la main. Athlète complet, James peut être puissant ou félin selon les circonstances. Lorsqu'il est fait prisonnier et ligoté, il est très souvent montré écartelé ou torse nu, et nombre d'épisodes mettent en évidence ses pectoraux enviables. Tous ses ennemis ou presque lui proposent de se joindre à eux et le caractère militaire, viril à l'extrême des épreuves qu'on lui fait subir reste très parlant. Artemus est un travesti de talent, qui se transforme indifféremment en homme ou en femme et change de voix à volonté. Contrairement à ceux de Rollin Hand, Le « Monsieur Frégoli » de Mission Impossible, les déguisements d'Artie sont d'autant plus efficaces qu'ils sont extravagants. Compagnon idéal, il est aussi à l'aise avec les attributs des camelots de l'Ouest (la carriole et les flacons d'élixir de l'apothicaire ambulant) qu'habite au billard et connaisseur de bonne chaire. Les décors (les bars louches, les docks...) et les bagarres homériques contre des flopées de gros bras ne sont pas moins évocateurs. Enfin, la relation sadomasochiste qui lie Loveless à James West achève de convaincre : le docteur ne cesse d'attirer James grâce à de charmantes jeunes femmes (qu’il suit sans être dupe), pour lui révéler qu'il lui envie le corps beau et athlétique dont la nature l'a frustré, lui! Et n'oublions pas que dans le titre original, le mot West désigne à la fois le cadre et le personnage, et que le mot « wild » redoublé signifie à la fois « sauvage », « foldingue » et... « sexuellement déchaîné »!


Un producteur en avance sur son temps







Cette lecture de la série n'est pas le fait du hasard. Le producteur-créateur des Mystères, Michael Garrison, affirmait ouvertement son homosexualité à une époque où il était habituel, à Hollywood, de garder son identité sexuelle au placard. Qu'il ait, sciemment ou non, truffé sa série de doubles sens, cela ne peut faire aucun doute. Grâce à l'humour et à l'inventivité de sa création, le concept lui survécut : après sa mort accidentelle pendant la préparation de la deuxième saison, le producteur Bruce Lansbury, qui le remplaça, n'altéra pas l'imagerie des Mystères. Déguisés - c'est le cas de le dire - sous des scénarios mêlant éléments fantastiques à la Jules Verne, situations incongrues (des Cosaques ou un Taj Mahal dans la prairie) et accessoires du music-hall (passages secrets, cirques, coulisses de théâtre, poupées géantes), les mystères restaient (et restent) visibles par tous. On comprend cependant sans mal que le choix de Witt Smith pour jouer le rôle de James West dans la version cinématographique de Barry Sonnenfeld (1999) est probablement destiné à cacher au plus grand nombre le double visage de cette géniale série.


Source : Le larousse des séries TV

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