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Génétique : pourquoi José Bové a tort tout en ayant raison ?

Les chercheurs du secteur public français qui s'investissent dans la recherche de variétés génétiquement modifiées nous expliquent que leurs travaux visent à répondre aux besoins alimentaires du tiers-monde...


Dès lors, ils semblent à juste titre indignés par les arrachages sauvages de plans expérimentaux diligentés par José Bové et certains anti-mondialistes.





Maîs

Le point de vue de ces chercheurs est simple : face notamment à la pression démographique et à la désertification, seule la recherche scientifique peut résoudre selon eux les problèmes alimentaires et environnementaux dont souffrent les paysans du tiers-monde.
En effet, la solution ne peut en aucun cas être l'aide alimentaire importée des pays riches, qui ruine définitivement les structures sociales et politiques des pays pauvres. Mais l'absence de toute recherche visant à améliorer les variétés traditionnelles ne peut pas non plus, par définition, apporter de solution. Il est donc nécessaire de trouver de nouvelles espèces résistant mieux à la sécheresse, à l'absence d'engrais naturels, aux parasites, etc. Pour cela, il n'existe qu'une solution : multiplier, avec les paysans intéressés eux-mêmes, les recherches agricoles, y compris génétiques.


Là où José Bové et tous ceux qui militent contre la mondialisation libérale ont raison, c'est que de telles recherches ne peuvent être le fait, ni surtout le monopole - protégé par des brevets - des multinationales de l'agro-alimentaire. Ce serait laisser à celles-ci le droit de vie ou de mort sur des milliards d'hommes, sans aucune garantie quant à leur désintéressement tiers-mondiste - au contraire.


Mais là où José Bové me semble avoir tort, c'est de ne pas voir qu'au contraire des recherches des multinationales, celles qui pourraient être menées par les laboratoires publics - sur fonds publics - en vue de distribuer gratuitement les nouvelles solutions (éventuellement dans le cadre de coopérations de proximité Sud-Nord) représentent une solution toute différente, qui se justifie et qu'il faudrait encourager. On retrouve un peu là la problématique du logiciel libre.


Se trouve ainsi reposé avec acuité le problème de la recherche désintéressée sur fonds publics. Loin de la gêner, pourquoi au contraire ne pas l'encourager en montrant son originalité profonde.


Face aux besoins du tiers-monde, la science peut beaucoup, et dans de nombreux domaines. Si le Nord peut aider le Sud, c'est de cette façon-là et de nulle autre. Plutôt que remettre les dettes des pays pauvres, solution dont l'efficacité paraît douteuse, ne vaudrait-il pas consacrer les milliards correspondants à des recherches fondamentales et appliquées publiques menées en coopération avec les scientifiques de ces pays ?


Ceci dit, tout en ayant tort en s'en prenant à l'INRA, José Bové recommence à avoir raison de se méfier de la possible prise en main des organismes de la recherche publique par les intérêts privés. Le schéma idéal que nous rappelions ci-dessus risque souvent de paraître angélique, quand on sait les pressions de toutes sortes s'exerçant sur les scientifiques indépendants pour qu'ils jouent un tant soit peu le jeu des multinationales.
Tous n'y cèdent pas, Dieu merci, mais les scientifiques des organismes publics seront d'autant plus protégés des tentations qu'ils seront soumis à un vigilant contrôle citoyen.
Dans cette perspective, l'arrachage de quelques plantations peut jouer un rôle d'alerte (de mème porteur, dirions-nous), si on n'en abuse pas...


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